"Fly from Here", le morceau titre, est une ancienne composition apparaissant sur quelques enregistrements plus ou moins officiels de Yes et des Buggles. Elle est ici étendue sur une vingtaine de minutes, divisée en six parties, construites dans la plus pure tradition : une thématique développée par chacun des membres du groupe puis une reprise collégiale avec un final en feu d’artifice. C’est brillamment construit, les enchaînements sont remarquables, la guitare de Steve Howe fait littéralement des miracles (les vibratos floydiens sur "Sad Night at the Airfield"), bref, c’est tout simplement la meilleure longue pièce du groupe depuis "Endless Dream" en 1994.
Évidemment, comme c’est souvent le cas, on se dit alors que les autres titres, après un morceau aussi ambitieux, vont s’apparenter à du remplissage mais ce n’est pas (trop) le cas. "The Man You Always Wanted To Be" est une ballade agréablement popisante avec un refrain plutôt réussi, "Life on a Film" rappelle "Cinema" sur 90125 en parvenant à développer une atmosphére très particulière et "Into The Storm" boucle ce bel album sur une jolie note, à la fois technique et virtuose.
Seul
petit bémol : l’inévitable et inutile solo de Steve Howe, inégalement
inspiré depuis trop longtemps. On pourrait aussi débattre sur la voix de Benoît
David mais le québécois s’en sort plus qu’avec les honneurs puisqu’il parvient
même à faire parfois oublier l’absence de Jon Anderson. En conclusion, Fly from Here est un authentique retour gagnant, une
franche réussite et un disque qui s’inscrit d’emblée dans la longue liste des
classiques du groupe.

