Principalement composé de Matthew Fisher à l’orgue, de Gary Brooker au chant et de Robin Trower à la guitare (Keith Reid se chargeant des textes), PROCOL HARUM sort presque de nulle part en 1967, tout comme son nom d’ailleurs dont personne ne semble vraiment connaître l’origine, pas même les intéressés ! Les spéculations sont allées bon train, depuis le nom du chat de leur mentor, Guy Stevens (ou de celui d’unobscur roadie/dealer !) jusqu’à la (mauvaise) traduction latine du mot « procul » signifiant littéralement « loin de toutes ces choses ». Laissons cela à la légende et préférons à l’option du chat (!) celle de « loin de toutes ces choses » qui, à l’image de Shine On Brightly, leur correspond plutôt bien…
La tâche de ce toujours difficile deuxième album n’est pas des moindres : succéder au premier album éponyme et son hit planétaire :« A Whiter Shade Of Pale ». Mais contrairement à ce que beaucoup de groupe essaient, souvent en vain, de faire plus tard, Procol Harum a l’intelligence de ne pas chercher à réaliser ce qui ne serait de toutes façons qu’une pâle copie de cet immense tube. « Quite Rightly So » en prend d’ailleurs le contre-pied total et donne le ton de ce Shine On Brightly : débridé, expérimental sans être rébarbatif et grandiloquent, toujours habité par la verve lyrique et aigre douce de Keith Reid mais aussi par la voix plaintive et incomparable de Gary Brooker. Le Hammond, si facilement reconnaissable de Matthew Fisher et devenu d’ailleurs véritable marque de fabrique du groupe, parcourt l’album de bout en bout, tour à tour enjoué (« Shine On Brightly ») ou plus solennel (« Magdalene (My Regal Zonophone) »). Mais la pièce maîtresse de ce disque pour tout fan de progressif qui se respecte (Yes n’étant pas encore né !) est incontestablement l'ambitieux « In Held Twas In I » de plus de dix sept minutes, introduit par une voix d’outre tombe de Gary Brooker, déclamant une poésie sombre et magnifique qui évoque Jim Morrison, sur des nappes sonores très orientales.
Le titre, complètement décalé et beaucoup trop long à l’époque, sera mal compris. Il s’agit pourtant là de la première pièce progressive, alambiquée mais empreinte de beaucoup de créativité et d’imagination. Un hommage tardif, mérité mais très personnel lui sera d’ailleurs rendu trente deux ans plus tard sur le premier album du "super" groupe TRANSATLANTIC.
Le titre, complètement décalé et beaucoup trop long à l’époque, sera mal compris. Il s’agit pourtant là de la première pièce progressive, alambiquée mais empreinte de beaucoup de créativité et d’imagination. Un hommage tardif, mérité mais très personnel lui sera d’ailleurs rendu trente deux ans plus tard sur le premier album du "super" groupe TRANSATLANTIC.
Shine On Brighlty transforme donc l’essai et la presse d’alors ne tarit pas d’éloges sur cet album à la fois incomparable et complètement ancré dans sonépoque. Incomparable car inimitable (et toujours inimité), et ancré dans son époque car purement psychédélique (à l’image de sa pochette, d’ailleurs), dans la lignée d’un Sergent Pepper ou d’un Piper At The Gates Of Dawn, en plus emphatique. Effectivement « loin de toutes ces choses » PROCOL HARUM finira par s’en éloigner totalement et sombrera dans la facilité de l’auto parodie après Grand Hotel. Cela reste un groupe attachant dont l'influence est très sous estimée.

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